Landévennec, Août 1990 – août
2015.
Il y a 25 ans, je réalisais mon premier séjour à Landévennec
dans l’équipe de bénévoles qui aident les moines à accueillir les personnes qui
passent au monastère.
25 ans plus tard, les aléas de la vie m’ont empêché de participer
à la retraite d’avril et c’est donc en ce mois d’août que je me retrouve en ce
lieu « référence » pour ma vie.
Bien entendu, j’ai eu l’occasion de revenir plusieurs fois
entre ces deux dates, pas aussi souvent que je l’aurais voulu mais suffisamment
pour avoir l’impression d’arriver « à la maison » ! Quelques
sourires échangés avec des moines, un échange avec Fr. Martin à l’hôtellerie,
me voilà en terrain connu, prêt pour ce temps de retraite spirituelle.
Après une journée passée ici, j’apprécie tout ce qui fait
« l’essentiel » de ce lieu. Bien sûr il y a eu quelques changements
en 25 ans, des lieux, des personnes nouvelles… Et moi-même, je ne suis plus
exactement le même. Mais ce qui me marque dans ce lieu, quelques soient les
saisons, quelques soient les années c’est le climat de sérénité qui règne ici.
Il suffit de croiser des retraitants sur les chemins du monastère, même des
gens de passages, touristes ou pèlerins, pour
voir un sourire illuminer leur visage au moment du petit bonjour de politesse.
Au-delà même du périmètre du monastère, sur le chemin de la Chapelle du
Folgoët, les mêmes sourires, la même sérénité.
D'où vient cette sérénité ? De la prière des
moines ? Sans doute et j’y reviendrai, mais nos frères de Landévennec
ne sont que des hommes avec leurs pauvretés et leurs richesses…
Du lieu
alors ? Je le pense. Comment ne pas être convaincu que St
Gwénolé fut inspiré par Dieu pour choisir un tel lieu : l’Aulne,
ses méandres, son embouchure… La forêt alentour…
Et aujourd’hui, Le bourg de Landévennec avec son port et son
église entourée du cimetière… Et surtout l’abbaye dont les pierres de Logonna se dorent au soleil levant comme au couchant ! Son église aux formes épurées qui
fête cette année ses 50 ans. Le parc qui entoure les pavillons et nous mène
jusqu’au Pénity… Devant tant de beauté, on ne peut que se sentir serein !
Et puis, la prière des moines… En 25 ans, certains airs ont
changé, d’autres sont restés : chacun de ceux-là est comme une madeleine
du célèbre Marcel, nous rappelant ces nombreux temps de prière à l’église
abbatiale, comme autant de moment privilégiés de rencontre avec Dieu.
Et les
petites madeleines ne manquent pas. C’est le bruit du gravier sous les pas
devant les salles à manger, le claquement de la porte en bois, près du musée, passage privilégié des retraitants, le bruit de mes pas dans les escaliers menant à l’église, la porte
qu’on se tient les uns les autres en sortant après l’office, la douleur dans les cuisses lors des montées de la
côte menant du Pénity au monastère… Sans doute, tous ces petits signes d’un
passage (passé) heureux ici à Landévennec aident beaucoup à ce sentiment de
bonheur.
Et puis comme « clin Dieu » pour finir ce
séjour. Dernier repas avant le départ... Une personne arrive. Nous nous reconnaissons! Elle était elle aussi dans l'équipe d'accueil du mois d'août 90!Nous nous étions revu
il y a 15 ans, déjà par hasard, et voilà que la providence nous permettait de
croiser de nouveau nos chemins, moi finissant ma retraite, elle commençant la
sienne ! Quelques minutes d’échange joyeux et l’espoir de ne pas
ré-attendre 15 ans pour se revoir !



