samedi 12 mars 2011

Terrienne

Tout commence sur une route de campagne...

Etienne Virgil, écrivain se sentant sur le déclin, prend en stop une jeune fille: Anne Collodi. jeune fille étrange, un scarabé dans la main, aux questions franches qui semblent aller à l'essentiel...

Un panneau: "Campagne 3,5 km". La voiture s'arrête. La jeune fille descend et disparaît.

En repassant le lendemain, Etienne Virgil découvre que la route n'existe plus... Pourtant, une semaine plus tard, reprenant en stop son étrange passagère, il va la redéposer devant cette même route!

Entre temps, dans la voiture, elle lui a raconté: la rencontre de sa soeur Gabrielle avec un mystérieux jeune homme: Jens. Leur mariage, venant si rapidement. Les invités de la noce, si... "parfait" et en même temps si... "artificiels" et la disparition de Gabrielle, dès le lendemain. Et enfin, cet appel, improbable, de sa soeur, un an plus tard, à venir à son secours en prenant la route de Campagne!

Commence alors une aventure au-delà des frontières de notre planète, dans un monde aseptisé où même respirer est une anormalité. C'est dans ce monde hostile qu'Anne puis Virgil s'engouffrent. C'est dans ce lieu si éloigné de notre planète qu'Anne se découvrira profondément, existentiellement "Terrienne"!


Les histoires de Jean-Claude Mourlevat me laissent rarement indifférents. Ici encore ce roman, dit de "littérature de jeunesse", entraine les lecteurs dans une aventure extrèmement bien structurée, qui invite à la réflexion...

On pourrait ouvrir bien des portes de lecture pour ce roman... Celle d'un excellent divertissement bien entendu, mais d'autres bien plus essentielles à mon avis!

Une réflexion sur notre humanité bien "imparfaite" et méprisable, dans certains côté, mais qui est riche de la liberté fondamentale et constitutrice de nos existences.

Une réflexion aussi sur notre "fragilité", notre besoin du soutien et de l'aide des autres...

Et bien d'autres pistes encore: le mensonge, la souffrance de la disparition d'un être cher, l'acceptation de la différence, la futilité de certains de nos comportements de société...

A la fin du roman Anne écrit dans son journal:

" [...] je suis amoureuse de cette Terre sur laquelle j'ai mes pieds. Je l'aime avec tout ses défauts, toutes ses tares. Je l'aime à cause de ça. J'aime le trop froid et le trop chaud, la pluie, la boue, les embouteillages, les examens ratés, les cartes postales moches, les mensonges, les larmes, les blessures et la mort. J'aime ce qui manque et ce qui dépasse, j'aime le trop et le pas assez. Je veux me brûler aux orties et aux casseroles, ça ne me dérange pas, je veux bien égarer mes clés, avoir mal à la tête, être trompée (pas par Bran), être bousculée. Mais je prends aussi les bonnes choses. Je veux être caressée, je veux manger des banana split, je veux écouter de la bonne musique, recevoir des lettres, voir naître des bébés, faire la sieste, aller à Venise...
Je veux faire entrer de l'air dans mes poumons,
je veux respirer."


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vendredi 11 mars 2011

St Jacut de la mer

La pointe de l'île des Abihens
Petite pause dans le rythme de l'année...


Belle retraite spirituelle à Saint Jacut de la mer. Magnifique site, aussi bien à marée haute qu'à marée basse!
Bon endroit pour réfléchir au sens de la création dans nos vies!


Il est toujours heureux de découvrir que même quand le texte sur lequel on réfléchit est connu et même archi-connu (en l’occurrence: le premier chapitre de la genèse) il y a encore des trésors cachés qui nous aident à grandir dans la foi et en humanité.

dimanche 20 février 2011

Relations humaines?!

Dans son dernier livre, "Le Père immense", Eloi Leclerc fait une longue méditation de la lettre aux Ephésiens. Ce petit passage, lu récemment m'a interpellé...
" Les relations humaines sont un domaine bien complexe qui va de la simple indifférence à la domination de l'autre,par intérêt ou par affirmation de soi. On veut annexer l'autre, on le veut pour soi. Dans tous ces cas, on rabaisse l'autre au rang d'objet ou de moyen. On se sert de lui, on ne le respecte pas, on ne le reconnaît pas dans sa dignité d'homme et d'enfant de Dieu.
A ce stade, les relations humaines sont toujours conflictuelles. Et le monde dans lequel nous vivons ne peut-être que violent: violent de la part de ceux qui asservissent, violent aussi de la part de ceux qui souffrent dans leur être méconnu et menacé et qui se défendent." 


Comment ne pas rapprocher cette réflexion avec l'actualité dans bien des pays...

Plus proche de nous, cela interroge sur nos propres relations...

Dans le métier d'enseignant, la relation à l'autre est continue: à l'élève, au collègue, au parent... Si "les relations humaines sont un domaine bien complexe", c'est donc qu'il n'est pas si simple de construire une relation "désintéressée", "pour l'autre" qui ne s'établira pas dans "un rapport de domination".

Le texte d'Eloi Leclerc nous interroge. Il nous donne aussi des éléments de "relecture de nos actes" et de discernement: je ne peux oublier, dans mon rapport à l'autre, que lui aussi est créé à l'image et à la ressemblance de Dieu.
Cette "dignité d'enfant de Dieu" est un des fondement de la pédagogie mennaisienne. Puissions-nous en vivre chaque jour!

samedi 1 janvier 2011

L’Épiphanie pour commencer la nouvelle année

Dans la revue "Prions en Eglise", le P Christophe Husson écrit:" Entre lumière et obscurité, ténèbres et clarté, tous, nous sommes conviés à regarder la scène qui se réalise sous nos yeux. Tous embarqués par ces anonymes qui courent de partout pour se prosterner, nous devons trouver la meilleure manière de nous rendre près du Christ nouveau-né.


Avec quoi partons-nous pour cette aventure? Vraisemblablement d'abord avec tout ce que nous sommes. Car il est plus facile de se charger de présents que d'être en vérité. Partir à la suite de l'étoile qui guidait les mages suppose qu'il n'y ait pas de grands préparatifs mais que, au contraire, nous puissions prendre la route tel que nous sommes."


Il est de coutume, au début d'une nouvelle année, de souhaiter le meilleur pour les autres et pour nous même, comme on se le souhaite au début d'un voyage qui nous éloigne de notre cadre habituel. Ce lieu rassurant, plein de nos certitudes et de la reconnaissance des autres,  mais aussi de nos limites et de nos pauvretés...


Démarrer une nouvelle année, c'est comme un rite initiatique où nous nous donnons le droit d'un nouveau départ.
Mais, pour quel but? 
Peut-être qui si, bien de "bonnes résolutions" ne tiennent guère, c'est tout simplement parce qu'elles restent sans véritable objectif. 


Alors, il est bon, à la suite des mages, de choisir notre objectif. Pour eux, comme pour nous je l'espère, la rencontre du Christ.
Sans doute que, comme eux, cette rencontre se fera dans un lieu  bien inattendu et sous une forme que nous n'imaginons sans doute pas!


Mais qu'importe! Partons, prenons la route "tel que nous sommes". Que nous soyons nous-même le seul présent que nous offrirons au Christ qui vit en chacun de ceux que nous rencontrerons.
 "Soyons en vérité".
 Voilà ce que je nous souhaite à tous pour cette année 2011!


Bonne et sainte année! 

mardi 28 décembre 2010

Session de noël 2010

Etre frère, cela se vit au quotidien, mais il est important de savoir alimenter son engagement régulièrement...


C'est l'objectif de cette session annuelle placée entre Noël et le jour de l'an.


Cette année encore, nous sommes une quarantaine de frères réunis à la Maison Mère de Ploërmel, pour nous rencontrer, partager des moments privilégiés de fraternité, mais aussi pour nous ressourcer dans la prière partagée et des temps de conférences.


Le thème choisi est en lien avec cette année mennaisienne : aller à la rencontre du "secret de vie" de notre fondateur... 4 conférences pour nous permettre de découvrir le visage intime de Jean-Marie de La Mennais... 


Aujourd'hui, nous avons découvert dans ses écrits (essentiellement dans les sermons aux prêtres) les textes de la bible qu'il aimait citer de mémoire et qui devait nourrir sa prière quotidienne... On y retrouve les thèmes qui lui sont chers et qui nourrissent notre spiritualité mennaisienne...


J'ai aussi découvert un Père aimant, ferme dans ses convictions mais au regard tendre et positif malgré les faiblesses de ses frères et les actes malhonnêtes de quelques uns de ses amis dans les lettres qu'il a écrites durant les six mois qu'a durés "l' affaire Evain".


 Au cours de l'année 1842, Jean-Marie de La Mennais avait envoyé en Guadeloupe et Martinique un prêtre dans lequel il avait toute confiance pour soutenir la jeune mission naissante: l'Abbé Evain. Celui-ci, loin d'apporter le supplément de paix et le soutien spirituel attendu, avait cristallisé les mécontentements envers le responsable local, provoquant de profondes divisions et mettant en péril cette première oeuvre missionnaire.


En relisant les lettres,nombreuses, que Le Père de La Mennais envoya pour encourager chacun, appeler à la patience,l'humilité et la simplicité, j'ai redécouvert un homme solide  dans ses idées et dans ses actes, mais d'un humanisme profond cherchant des solutions pratiques pour que chacun de ses frères puissent vivre sa vocation dans la sérénité.

vendredi 24 décembre 2010

Joyeux Noël

En cette fête de Noël, je reprends quelques mots de Bertrand Révillon dans la revue "Prions en Eglise" pour vous souhaiter un Joyeux Noël.
crèche de ma classe (actuellement en vacances à l'oratoire!)


« Voici qu’en s’incarnant, en prenant chair dans notre humanité, Dieu se fait langage pour nous.
Voici qu’un enfant fragile nous parle de la fragilité même d’un Dieu d’humilité dont la seule toute puissance est l’amour infini.
Voici qu’un enfant posé à même le sol dans le berceau de notre espérance vient nous annoncer un Dieu qui, volontairement, cesse d’être le « Très-Haut », le « Lointain » pour devenir, pour chacune et chacun d’entre nous, le « Tout-proche ». »

le 15/17: l'aventure avec un grand H !

Quand on s'intéresse au cyclisme, il y a des noms mythiques: le Mont Ventoux, l'Alpe d' Huez et, plus proche du séjour que je ...