mardi 1 août 2017

le 15/17: l'aventure avec un grand H !

Quand on s'intéresse au cyclisme, il y a des noms mythiques: le Mont Ventoux, l'Alpe d' Huez et, plus proche du séjour que je viens de faire, le col d'Aspin ou le Tourmalet... Ces sommets fascinent par leur beauté et leur difficulté. Les passionnés du tour de France les attendent avec impatience et les cyclistes amateurs comme professionnels les parcourent, souvent dans la douleur mais avec une immense fierté.
Le 15/17 est de ces sommets, un séjour dont j'avais beaucoup entendu parlé, le point d'orgue pour beaucoup de jeunes ayant commencé les séjours au Palandrin 8 ou 10 ans avant...
Je ne m'imaginais pas forcément le vivre un jour. Il était pour moi un séjour exigeant, demandant de très grandes compétences en animation et une grande forme physique... 
Et puis voilà, les circonstances... la Providence, disions-nous avec Fred, a fait que je me suis retrouvé embarqué dans l'aventure 2017... Et je n'ai pas été déçu!!!


Bienvenue à Artiguelongue
L'exigence était bien au-rendez-vous... J'ai trouvé ma place dans les randonnées: bien derrière avec tous ceux et celles qui, comme moi, peinaient à grimper des pentes parfois bien raides... Je me suis bien abstenu de pratiquer les activités plus physiques encore: canyoning, spéléo, parcours aventure, hydro-speed, hot-dog... et j'ai dû renoncer à quelques soirées afin de pouvoir un peu récupérer de journées très intenses et de nuits plutôt courtes!
L'intendance ne fut pas de tout repos. Il n'est pas toujours évident de nourrir une soixantaine de personnes (dont certains ogres), gérer les quantités, varier les menus (vive le taboulé!) ... Beaucoup d'heures passées au volant du Boxer et dans les rayons des grandes surfaces mais aussi à nettoyer cuisine et sols et à ranger...

Mais quelle aventure! Pas de faux-semblants: la proximité physique (tentes lieux communs...), le rythme de vie, tout invite à être réellement soi-même. Difficile de passer à côté des services, des activités, sans se faire remarquer. Les discussions du soir se doivent discrètes si l'on veut éviter de trop déranger... Dans ces conditions la parole se libère, les choses peuvent se dire en vérité... 


Simply the best
Etre soi-même, c'est peut-être, en partie, le secret de la réussite de cette équipe d'animation: des personnes venant d'horizons différents qui ne se seraient sans doute jamais rencontrés dans d'autres circonstances.... Beaucoup ne se connaissaient pas avant le week-end prépa ou l'avant séjour... Et pourtant, grâce au talent de Fred, la sauce a très bien prise et les différences sont devenues des richesses au service du séjour et des jeunes. 
J'ai redécouvert, une fois de plus, qu'au-delà des compétences personnelles de chacun des membres d'une équipe d'animation (et on n'en manquait pas!) c'est d'abord la solidarité, la bienveillance, le soutien dans les moments plus difficiles et la capacité à délirer ensemble qui font la qualité d'une équipe! Je suis heureux et fier d'avoir été membre de cette équipe.

Faire communauté... Avec Fr. Yves déjà. Combien d'échange, tout en bricolant ou nettoyant avons-nous pu avoir... Etre frère c'est d'abord cela. Vivre le quotidien afin de permettre à chacun d'accueillir l'inattendu en toute sérénité.
Faire communauté avec ceux et celles qui chaque soir se retrouvaient pour un temps de prière vers minuit, minuit trente... réguliers ou pas, aux fois diverses, solides ou fragiles, mais avec sincérité et confiance.

Bivouac au petit matin...
Faire communauté avec tout le groupe de jeunes autour de BBB ou des " 5 minutes pour vous dire..." moments privilégiés pour se rendre compte de la richesse des sommes de vies présentes... 
Faire communauté avec les paroissiens des vallées avec ce magnifique imprévu que fut le "pèlerinage" à la Vierge d'Artiguelongue, temps de convivialité et de rencontre dans lequel chacun s'est investi pleinement!


Sun and fun 2: bivouac dans le Pyrénées

La créativité... Ateliers, tiercé playback, chorés, lip dub... et j'en passe. Que de "révélations" de jeunes qui s'ouvrent ou se découvrent. Là encore, la proximité donne à beaucoup la possibilité d'être eux-mêmes sans fausse pudeur... L'émotion palpable, chez beaucoup, à la fin du séjour était révélatrice de la prise de conscience que quelque chose de très fort avait été vécu qui ne demande maintenant qu'à grandir et à se prolonger...



nos amies les vaches...
Sur le chemin de la Hourquette d'Ancizan
 Reste la magie des Pyrénées... Des paysages à couper le souffle chaque matin, à Artiguelongue ou lors des bivouacs, pendant les randonnées (à condition que le plafond nuageux ne soit pas trop bas...). De belles rencontres avec des gens à l'accent chantant, commerçants, garde-forestier, berger... De quoi se sentir privilégié de pouvoir partir ainsi dans de tels lieux!



Un grand merci à chaque personne présente pendant ce séjour. En étant vous mêmes vous avez fait de ces moments un concentré d'humanité, un de ces temps qui nous permet de regarder vers l'avenir avec optimisme et confiance.











mercredi 5 avril 2017

Caricatures et dérision

J'emprunte le titre, et le texte qui suit à Pierre Rabhi.

"Caricatures et dérision ne sont souvent que vanité.
Elles sont humiliation et blessure de l'autre - et donc violence sournoise- au nom d'une lucidité autoproclamée que s'octroie l'observateur "éclairé". A la différence de l'ironie qui pointe les lacunes en souriant, la dérision n'est pas une expression de la liberté de parole.Dans le débat et la critique même, on ne doit à aucun moment se départir d'une certaine bienveillance.
On en revient toujours à la fragmentation  par les certitudes. Chacun s'agrippe à sa bouée pour détruire les fausses certitudes ou l'erreur, la démonstration est infiniment plus puissante que l'injure qui fait parfois plus mal que les balles.
Détruire l'estime de soi, attenter à la réputation ou porter atteinte au sacré et à la dignité des autres ne fait qu'engendrer de la violence en retour. Tout regarder par le prisme de la dérision, comme cela se développe exponentiellement dans les médias, est une prétentieuse forme d'infantilisme et surtout la marque d'une immaturité en regard des problèmes qui se posent aujourd'hui aux hommes."

(in La convergence des consciences; Pierre Rabhi; Le passeur 2016)

J'ai particulièrement été intéressé par ce texte. Il exprimait, avec la qualité de la prose de Pierre Rabhi, une réflexion que je partage depuis déjà quelques temps et qui ne fait que s’accroître en ces temps électoraux...

Cette réflexion est né des multiples "caricatures et dérisions" que j'entends très régulièrement dans les différents médias sur les chrétiens, l'Eglise...  Blessantes, elles ne reflètent souvent que la pensée de celui qui parle, si loin de la réalité de ce que je peux vivre au quotidien, en tant que chrétien et religieux...

Mais c'est aussi, dans ces moments où nous devons réfléchir à l'élection du futur chef d'état de notre pays, un texte qui peut nous aider à prendre du recul sur la manière dont les uns et les autres présentent candidats et partis. J'ai l'impression, d'entendre plus souvent des propos caricaturaux et dérisoires que des démonstrations cohérentes et réfléchies sur ce qui, chez chacun, peut nous paraître pertinent ou, au contraire, éloigné de nos convictions...

Ce qui m'effraie dans ce texte de Pierre Rabhi, c'est sa lucidité. A chacun,, dans l'esprit du mouvement des colibris dont il est le maître d'oeuvre, d'agir, dans son quotidien, et de "faire sa part" pour tenter d'inverser la tendance de la société et revenir à plus de bienveillance et de respect.

mercredi 17 août 2016

été 2016

Le 15 août passé, un petit coup d’œil dans le rétro pour regarder ce qui s'est passé  cet été...

Cette année, quelques changements concernant mon engagement en séjour de vacances... Direction le nord-Finistère (Santec) avec des jeunes de 15-17 ans...

Alors que je ne partais pas avec grand enthousiasme dans cette nouvelle aventure, force est de constater qu'elle s'est plutôt bien passée... 

La "faute", tout d'abord à la qualité de l'équipe d'animation.

Pourtant, a priori, ce n'était pas gagné. Une équipe réduite (5 personnes) qui ne se connaissait guère, plutôt jeune (je faisais office de dinosaure en comparaison des autres membres de l'équipe!) et donc avec une expérience toute relative surtout de ce niveau d'âge...
Nous avions fait connaissance, pour 4 d'entre nous, en avril. C'est sans doute là que s'est construite la réussite du séjour. Lors de la réflexion autour du projet pédagogique est venue très vite la notion de bienveillance... Bienveillance envers les jeunes, bien entendu, mais aussi bienveillance entre les membres de l'équipe. Je pense que nous avons mis, ce jour là une base solide pour notre séjour.

La bienveillance est cette qualité qui permet de faire confiance à l'autre, en ses talents, sa créativité, tout en accueillant ses limites. Elle nécessite aussi d'assumer ses propres limites, de les partager en toute simplicité, sans peur du jugement. Dans ces conditions, quand chacun joue le jeu, ce qui fut le cas pendant ces 12 jours, il est plus facile de trouver sa place, de s'adapter à l'autre et d’œuvrer pour le bien de chacun.

Quand une équipe vit cette bienveillance en toute sérénité, il est plus facile aussi  aux jeunes participants du séjour de se sentir à l'aise et de s'épanouir à leur tour... L'implication de chacun à la vie du séjour se fait plus évidente, que ce soit dans les activités et les animations, mais aussi dans les actes de la vie quotidienne... J'ai particulièrement apprécié la disponibilité de plusieurs pour m'aider à la cuisine!

L'émotion du séjour n'était pas feinte... Nous n'avons sans doute pas vécu de "grandes choses" en terme d'activités mais la qualité des relations humaines avait la force de ce que l'on retrouve habituellement dans les séjours "Estival", notamment dans les équipes d'animation!

Le camp "Sun and Fun" terminé, ce fut rapidement le temps de la retraite spirituelle... Une semaine de silence et de prière à l'abbaye de Timadeuc. Cela faisait longtemps!

Trois livres m'ont accompagné pendant cette retraite: Les méditations sur l'Evangile de Luc du P. Schönborn, "Fragiles existences" qui regroupe quelques entretiens avec V. Margron, sur son travail de bioéthicienne et "Trois amis en quête de sagesse", mon livre "détente"...
Ce qui relie ces trois ouvrages est sans doute le regard porté sur l'Homme... Ici encore, beaucoup de bienveillance, d'écoute, d'engagement pour l'autre...
Ce fut l'occasion pour moi de retrouver la richesse de la prière silencieuse, dans la méditation... Le cadre (paysages, abbaye...) aide bien!

Après ces deux temps forts bien ressourçant, c'est reparti pour la vie de "tous les jours". J'espère garder tout au long de cette année, les enseignements de cet été, pour mon propre bien être comme celui de mes confrères, collègues et élèves!

jeudi 31 décembre 2015

Bilan 2015, vœux 2016

printemps à la communauté
L'année 2015 se termine. C'est l'heure des bilans et des espérances.

Quel regard porterai-je sur cette année riche en événements en tous genres?

Il y a deux ans j'exprimais le vœux que, plutôt qu'une "bonne santé", on puisse trouver autour de soi des personnes qui nous aident à passer les moments plus difficiles de la vie, notamment dans ce domaine de la santé!
 Ce vœu prend tout son sens à la fin de cette année. Je prends conscience de la chance que j'ai pu avoir d'être aussi bien entouré, aussi bien dans les différents hôpitaux où j'ai pu demeurer que par ma famille, mes confrères, mes collègues, mes amis...
Après cette expérience, je suis plus encore convaincu que, plutôt qu'un "bonne santé" illusoire, mieux vaut souhaiter à notre entourage de belles amitiés, un beau soutien pour tous les moments de la vie et plus encore pour les moments difficiles!

Dans tous les souvenirs de cette année me revient aussi la sortie scolaire à Monteneuf. Une petite bulle de bonheur de 4 jours, avec une équipe géniale, aussi bien celle qui nous accompagnait que celle qui nous accueillait. Ce fut un beau moment de vivre ensemble, avec parfois ces aléas moins agréables, dans un cadre magnifique.
Je nous souhaite à tous, de vivre chaque année de ces moments de rencontres, assez inattendus, mais qui vous rendent heureux et vous élèvent!

Bien évidemment, je garde en souvenir, comme en écho de l'expérience de Monteneuf, celle vécue à Lourdes... J'en parle plus dans un de mes articles précédents. Là aussi, beaucoup de rencontres inattendues, des échanges riches en humanité, la joie d'un bonheur partagé...

Et puis ces rencontres quotidiennes, en communauté ou à l'école. Quelle chance de pouvoir vivre et travailler avec des personnes qui font tant de place à l'humain! Bien entendu, les relations et les humeurs ne sont pas toujours au beau-fixe: quand on vit au jour le jour, on apprend à connaitre les richesses et les limites de chacun. Mais qu'il est important de sentir le respect, l'attention, le regard positif, bref, en un mot la "miséricorde", dans les relations de chaque jour...

session de noël des frères
 Oui, je sais; le mot "miséricorde", ici placé, peut faire "téléphoné" en cette année de la "miséricorde" proposée par la Pape François. Et pourtant, plus je creuse la thématique, que ce soit au moment de ma retraite à Landévennec, dans d'autres lectures et échanges (merci aux frères pour notre session de Noël!) plus je prends conscience combien la miséricorde est un fondement de notre humanité et de notre vie en société: voir en l'autre, notamment dans ses situations de faiblesse et fragilité, la personne humaine qu'il est, dans toute sa dignité et le respecter et l'aimer en tant que tel...
Je nous souhaite de vivre cette miséricorde autour de nous et de rencontrer de nombreuses personnes qui en vivent eux aussi! 


Belle et heureuse année 2016!

vendredi 14 août 2015

Landévennec 1990 - 2015

Landévennec, Août 1990 – août 2015.



Il y a 25 ans, je réalisais mon premier séjour à Landévennec dans l’équipe de bénévoles qui aident les moines à accueillir les personnes qui passent au monastère.

25 ans plus tard, les aléas de la vie m’ont empêché de participer à la retraite d’avril et c’est donc en ce mois d’août que je me retrouve en ce lieu « référence » pour ma vie.

Bien entendu, j’ai eu l’occasion de revenir plusieurs fois entre ces deux dates, pas aussi souvent que je l’aurais voulu mais suffisamment pour avoir l’impression d’arriver « à la maison » ! Quelques sourires échangés avec des moines, un échange avec Fr. Martin à l’hôtellerie, me voilà en terrain connu, prêt pour ce temps de retraite spirituelle.

Après une journée passée ici, j’apprécie tout ce qui fait « l’essentiel » de ce lieu. Bien sûr il y a eu quelques changements en 25 ans, des lieux, des personnes nouvelles… Et moi-même, je ne suis plus exactement le même. Mais ce qui me marque dans ce lieu, quelques soient les saisons, quelques soient les années c’est le climat de sérénité qui règne ici. Il suffit de croiser des retraitants sur les chemins du monastère, même des gens de passages, touristes ou pèlerins, pour  voir un sourire illuminer leur visage au moment du petit bonjour de politesse. Au-delà même du périmètre du monastère, sur le chemin de la Chapelle du Folgoët, les mêmes sourires, la même sérénité.
D'où vient cette sérénité ? De la prière des moines ? Sans doute et j’y reviendrai, mais nos frères de Landévennec ne sont que des hommes avec leurs pauvretés et leurs richesses…
 Du lieu alors ? Je le pense. Comment ne pas être convaincu que St Gwénolé fut inspiré par Dieu pour choisir un tel lieu : l’Aulne, ses méandres, son embouchure… La forêt alentour…

Et aujourd’hui, Le bourg de Landévennec avec son port et son église entourée du cimetière… Et surtout l’abbaye dont les pierres de Logonna se dorent  au soleil levant comme au couchant ! Son église aux formes épurées qui fête cette année ses 50 ans. Le parc qui entoure les pavillons et nous mène jusqu’au Pénity… Devant tant de beauté, on ne peut que se sentir serein !

Et puis, la prière des moines… En 25 ans, certains airs ont changé, d’autres sont restés : chacun de ceux-là est comme une madeleine du célèbre Marcel, nous rappelant ces nombreux temps de prière à l’église abbatiale, comme autant de moment privilégiés de rencontre avec Dieu.

 Et les petites madeleines ne manquent pas. C’est le bruit du gravier sous les pas devant les salles à manger, le claquement de la porte en bois, près du musée, passage privilégié des retraitants, le bruit de mes pas dans les escaliers menant à l’église, la porte qu’on se tient les uns les autres en sortant après l’office, la douleur dans les cuisses lors des montées de la côte menant du Pénity au monastère… Sans doute, tous ces petits signes d’un passage (passé) heureux ici à Landévennec aident beaucoup à ce sentiment de bonheur.


Et puis comme « clin Dieu » pour finir ce séjour. Dernier repas avant le départ... Une personne arrive. Nous nous reconnaissons! Elle était elle aussi dans l'équipe d'accueil du mois d'août 90!Nous nous étions revu il y a 15 ans, déjà par hasard, et voilà que la providence nous permettait de croiser de nouveau nos chemins, moi finissant ma retraite, elle commençant la sienne ! Quelques minutes d’échange joyeux et l’espoir de ne pas ré-attendre 15 ans pour se revoir ! 

jeudi 30 juillet 2015

Lourdes, une quinzaine de juillet...

15 jours au Pavillon des vocations à Lourdes... Tel était mon programme annoncé pour cet été!

Pas de colo à Pénestin, ni de camp avec Estival. Mais à la place, un séjour à Lourdes avec un cahier des charges assez flou.

"Mais qu'étais-je parti faire dans cette galère!"

Les semaines précédentes, dans les quelques échanges que j'ai pu avoir avec des amis, revenait ce petit refrain: "Au moins, tu vas pouvoir te reposer cette année!"
Et vue l'année scolaire qui s'achevait c'était plutôt bienvenu!

Je suis donc parti pour Lourdes ce 15 juillet, "à la grâce de Dieu" sans trop savoir à quoi je m'engageais. Et comme d'habitude, dans ces cas là, ce fut une expérience très riche!


Ma dernière visite à Lourdes datait de plus de 20 ans. Je gardais le souvenir d'enfilades de magasins vendant des objets de piété et des souvenirs de plus ou moins bon goût. J'imaginais aussi les "troupes" de pèlerins plus ou moins démonstratifs et sans gêne. Je me souvenais aussi de temps de prière à la grotte au petit matin, dans le silence...

Tout y est encore, mais sans doute est-ce mon regard qui a changé. Les rencontres de la vie m'ont sans doute appris le respect des différences. Non pas ce relativisme ambiant qui prône, comme un dogme, que tout est respectable, mais ces expériences de la vie qui nous apprennent à voir au delà des apparence, à échanger et dialoguer avant de juger. Cette conviction que ma manière de vivre et de penser, celle qui me convient, n'est pas la seule ni la meilleure pour tous.


Que retiendrai-je de ce séjour? Sans hésitation, les personnes rencontrées! 

Tout d'abord, l'équipe d'accueil au pavillon: 3 sœurs, 2 frères. Des congrégations différentes, des voiles et des "sans voiles, ni tenue distinctive". 3 pays différents: L'Inde, L'Egypte et la France (voire 4 si l'on considère la Bretagne comme...). Et des histoires de vie et de vocation diverses. Nos seuls liens: notre consécration à Dieu et le fait d'avoir dit "oui" à notre congrégation pour ces 15 jours!
J'ai aimé notre manière de faire communauté. J'ai apprécié la complicité qui s'est installée entre nous, l'ouverture d'esprit de chacun et chacune, la capacité de tous de sortir de ses limites, de ses frontières pour se dépasser et accueillir l'autre.
Avec ces 5 religieux, un prêtre, et quel prêtre! Son exemple et sa joie de vivre ont beaucoup fait pour créer la cohésion du groupe. Belle image de pasteur tel qu'on en souhaite pour l'Eglise: des hommes qui accompagnent les croyants, qui vivent leur foi dans la simplicité, sans se prendre trop au sérieux tout en vivant sérieusement leur sacerdoce!

Qu'avons nous fait au "Pavillon des vocations"?
Parfois, après être allés à la rencontre de responsables de pèlerinages, nous avons accueilli des groupes de jeunes.
L'occasion de montrer à ceux qui ont franchi le pas de la porte que réfléchir à la vocation n'est pas d'abord se demander si je veux être religieux (se) ou prêtre mais, plus fondamentalement, "Comment je désire vivre ma relation à Dieu et aux autres en tant que chrétien?", avec mon histoire, mon environnement, mon âge...
Avec des outils qui permettent de déplacer un peu le débat, et le témoignage de chacun j'espère que nous avons atteint notre but au service des personnes qui sont passées.
Nous avons aussi vécu la "pastorale du café", attablés devant le pavillon et nous avons pu faire des rencontres, parfois improbables, riches en humanité.

Et puis, il y a eu toutes les autres rencontres, notamment avec tous ceux qui donnent du temps à Lourdes pendant l'été, que ce soit aux autres pavillons ou au service jeunes, sans oublier les "polos bleus", séminaristes des 4 coins du monde identifiables du premier coup d’œil dans les sanctuaires...

Il suffit parfois d'un échange, d'un temps de marche ou de jeu ensemble pour que se crée une relation amicale. Quand chacun désire vivre en confiance et en vérité avec l'autre, les rencontres se font enrichissantes. C'est une expérience proche de celle vécue au Palandrin, chaque été, dans l'équipe d'animation.








Alors Merci Didier, Jose, Georgette, Adeline, Agnès-Marie, Pierre, Claire-Marie, Victoria, Pavlina,  Johnson, Guillaume, Nicolas, Teodoro, Nordine, Ségolène, Laetitia et tous les autres pour ces beaux moments vécus.

Mais encore...
Comment parler de Lourdes, sans évoquer Bernadette? Comment évoquer Bernadette sans regarder Marie? Comment, en regardant Marie, ne pas se laisser regarder et aimer par le Christ? Venir en service ou en pèlerinage à Lourdes c'est d'abord ça! Se mettre dans les pas de Bernadette pour rencontrer Marie qui tourne nos cœurs vers son fils! Il est émouvant et impressionnant d'écouter les témoignages de ce qui est vécu à Lourdes. Au-delà des apparences, si on le désire, on vit une véritable expérience spirituelle...

vendredi 1 août 2014

Palandrin 2014

Nouveau panneau à l'accueil

  Juillet vient de s'achever, et avec lui, un nouveau séjour au Palandrin...

Cette année, petite innovation pour moi, je passais du côté de l'intendance: cuisine (euh, essentiellement réchauffage des repas et mise en plats) vaisselle et ménage... Travail de l'ombre que je fréquentais depuis des années sans vraiment le connaître. Cette expérience m'aura permis de prendre davantage conscience de l'importance de ce travail répétitif, qui apparaît souvent comme ingrat et qui est pourtant essentiel pour la vie d'une collectivité!



soirée burger
Mais comme au Palandrin tout est toujours sublimé, on y trouve, là aussi bien du bonheur et des consolations: délires avec des anims "aide-vaisselles", complicité avec Fr. Michel, l'intendant "en chef"... Et un ou deux repas délires comme le barbecue de la première semaine ou la préparation des hamburgers!
barbecue pour 110...

Encore une fois, ce fut un magnifique été pour les enfants présents à la colo. Bien entendu, une météo favorable aide bien. Mais, cette année encore, je me dois de souligner la qualité du travail d'animation de l'équipe... A la fin de chaque séjour, je me dis: "On a atteint des sommets, cette année, il sera difficile de faire mieux!" Et pourtant, à chaque fois, la nouvelle équipe d'animation arrive à me surprendre...

On a beaucoup parlé de "l'esprit d'Estival" pendant les "respirations anims" (Ces temps, en fin de réunion où chaque soir, une personne nous permettait par un texte, un échange, de "faire équipe"). Il me semble que, parmi les éléments qui font cet esprit, il y a le don de soi de chaque membre de l'équipe, au service des enfants.
Des anims au top!
"Il y a plus de bonheur à donner qu'à recevoir" (Ac 20,35). Voici une parole que pourraient citer bien des anims de l'asso! Comme disait Ronan, ancien directeur de la colo de Fouesnant et aujourd'hui parent d'une colon: "Les têtes changent mais l'esprit reste le même!"



mercredi 1 janvier 2014

voeux pour l'année 2014

Ceux qui fréquente les milieux ignatiens auront remarqué qu'inconsciemment, ma démarche annuelle de voeux ressemble beaucoup à la relecture de vie proposée par St Ignace... Je ne peux nier mes origines mejistes!

Après ma relecture sur l'année passée, j'aimerais donc, à cette lumière me projeter vers l'avenir de l'année qui débute aujourd'hui!




Il est de coutume de se souhaiter une "bonne santé" en ces jours... J'ai un peu de mal à adhérer à cette démarche... Lorsque je regarde l'année passée et que je pense aux personnes de mon entourage à qui on a souhaité : "Et surtout une bonne santé hein, c'est ça le plus important!" j'ai du mal à adhérer à cette tradition qui semble alors relever d'une espèce de magie superstitieuse... 

Nous ne pouvons, par des voeux, aussi sincères qu'ils soient, changer ce qui ne relève pas de notre volonté ou de notre action. 

J'aimerais donc vous souhaiter, nous souhaiter, d'être des femmes et des hommes qui concrétisent dans leur vie quotidienne les voeux échangés en début d'année.

Je nous souhaite de désirer et d'agir pour que cette année soit réellement "bonne" pour ceux qui nous entourent. Que dans nos épreuves comme dans nos joies nous trouvions des personnes qui nous soutiennent et qui communient à ce qui fait l'essentiel de nos vies.

Je nous souhaite d'agir pour que notre santé et celle de notre entourage soit la meilleure possible...

Je nous souhaite d'avoir des projets qui, quelque soit notre âge, notre santé, rendent le monde plus humains et nous fasse grandir nous-même...

Je nous souhaite de vivre de ces moments pour lesquels on peut dire en les relisant: "Dieu était là et je ne le savais pas!" Ces moments qui nous rappellent toute la valeur de la vie quand  elle est vécue dans le don de soi!

En écrivant ces mots me revenait la fameuse "prière de sérénité", qui éclaire souvent mon propre chemin... Je vous souhaite de la faire vôtre en cette année!


Mon Dieu,

Donnez-moi la sérénité
D'accepter
Les choses que je ne puis changer,
Le courage
De changer les choses que je peux,
Et la sagesse
D'en connaître la différence.



. . . en vivant un jour à la fois;
en jouissant d'un moment à la fois,
en acceptant l'adversité comme
le chemin de la paix;

en prenant, comme toi, ce monde
plein de fautes tel qu'il est, 
pas comme je le voudrais[...]


Bonne année à toutes et à tous!

lundi 30 décembre 2013

2013: regard dans le rétro!

Une nouvelle année civile s'achève... Le moment traditionnel pour relire le bout de chemin réalisé lors des 365 derniers jours...


L'année commençait endeuillée du décès récent de Françoise... Elle fut jalonnée d'autres moments difficiles et douloureux. Pourtant, lorsque je relisais les voeux que je nous souhaitais lors du nouvel an, j'ai pu réaliser qu'effectivement, si l'on est entouré de personnes solidaires et rayonnantes, chaque aléa de la vie est surmontable...

Sans chronologie, j'aimerais partager quelques flashs qui me reviennent...

Tout d'abord, l'homme de l'année, et je pense que le pape François ne m'en voudra pas: mon père! Après avoir été victime d'un avc du cervelet (relativement rare selon les médecins) en juillet qui lui a fait perdre le sens de l'équilibre et la capacité à déglutir, je l'ai vu se battre avec une constance et une énergie qui ont impressionné non  seulement son  entourage proche mais aussi le corps médical qui l'a accompagné.
Cette épreuve, qui n'est pas encore terminée aujourd'hui, a été vécue dans la foi... La "communion des saints" est un mystère que l'on a pu frôler du doigt au cours de cette épreuve. La prière de nombreux amis a non seulement soutenu celui qui était malade mais a aussi renforcé la vie de chacun!

pique nique avec toute l'école le dernier jour...
Me revient aussi l'au-revoir aux CM2 à la fin de l'année scolaire avec cette "haie d'honneur" que leur ont fait l'ensemble des autres élèves, enseignants et éducateurs... J'espère qu'ils garderont longtemps se souvenir, symbole d'une fraternité vécue au jour le jour dans notre école! 

Je garderai aussi le souvenir de la sortie scolaire sur les traces de François 1er et de Léonard de Vinci: équipe d'encadrement unie et efficace, joyeuse et solidaire (jusqu'au chauffeur de car!), une météo magnifique, tout était réuni pour faire vivre un voyage scolaire passionnant aux élèves!





Une partie de l'équipe d'animation 2013
Comme tous les ans, je ne peux oublier, dans ce regard porté sur ma vie cette année, la colo au Palandrin... Certaines années, et celle-ci en fait partie, elle a un goût particulier.
Elle fut éprouvante, à la fois de part les soucis familiaux et de part les différents soucis "techniques" que l'on a pu avoir: Ah! le bonheur des alarmes qui vous réveillent en pleine nuit! 
Une fois de plus, l'équipe d'animation s'est montrée à la hauteur du défi, montrant une solidarité et un enthousiasme qui balayait les faiblesses et les doutes... Je nous souhaitais au début de l'année de rencontrer des personnes "lumineuses"... Ce fut mon cas cet été!

Je n'oublie pas, non plus,  mon changement de décennie, vécu avec beaucoup d'humour et de sympathie avec les collègues et les amis! J'en retiens la générosité et la gratuité d'une fraternité vécue au quotidien et qui s'exprime magnifiquement dans ce genre d’évènement!

Un retour de colo mémorable...
Et puis, de nombreuses petites étincelles de vie: rencontres, lectures, fous-rire, repas, week-end, musiques... Toutes ces petits choses qui vous arrivent en une année et qui sont "sel de la terre"! 
Je ne peux que rendre grâce à Dieu de me donner de vivre toutes ces "simples richesses" si éloignées de tout ce qu'une certaine société ostentatoire nous fait miroiter et qui me semble si loin de l'essentiel...

samedi 21 septembre 2013

Coeur joyeux!


En ce jour anniversaire, j'aimerais partager ce texte du père Joël Bigot, que m'a offert un frère de ma communauté.



"Coeur joyeux améliore la santé
esprit déprimé dessèche les os"
(Livre des Proverbes 17,12)






"Faut rigoler"... Henri Salvador chantait jadis ces paroles de Boris Vian.
Il avait raison. 
Pas seulement parce que cela fait passer un bon moment
Pas seulement parce que le rire est contagieux et met un rayon de soleil dans un monde souvent morose, parfois sinistre, voire même désespérant.
Bien sûr, il faut compatir sincèrement aux souffrance des gens, mais exercer la sympathie avec un esprit chagrin ajoute à la tristesse de celui qui souffre.
Pas besoin d'en rajouter!
"Celui qui traîne sa vie et succombe sous son propre poids ne peut aider personne" (Albert Camus)

"Faut rigoler", parce que rire guérit.
Bateleurs, clowns, saltimbanques, auteurs et acteurs comiques sont aussi utiles et parfois plus efficaces que les médecins, disciple d'Hippocrate.
Preuve que le moral exerce une influence sur le physique.
Les exemples ne manquent pas.
Allez sur internet, cliquez sur "google" et tapez "rire pour guérir".
Vous découvrirez des témoignages étonnants sur les effets thérapeutiques du rire.

Voici quelques années, un article du Nouvel Observateur signé Josette Alia sous le titre Rire, c'est guérir un peu signalait déjà les bienfaits de ce remède naturel et gratuit:
" Il dilate quatre cent millions d’alvéoles pulmonaires, oxygène le sang... calme la douleur, agit sur le sommeil et la déprime, fait barrage au stress, facilite la digestion, diminue le cholestérol, évite l'aggravation des maladies cardio-vasculaires et fait même régresser parfois le cancer."
Le même article notait qu'en 1939, les français riaient 19 minutes par jour et seulement 6 minutes en 1980.
En 2000, moins d'1 minute, parait-il!

Une bonne santé demanderait qu'on puisse rire 15 fois par jour.

C'est tout bénéfice, pour la Sécurité Sociale, 
la bonne humeur de chacun,
et celle des autres.

A pratiquer... Sans modération!



Après la lecture de ce texte, je me disais qu'avec les amis, les confrères et les collègues que j'ai, je ne suis pas prêt d'être malade!

Merci à tous pour votre humour, votre joie de vivre et votre amitié!


lundi 5 août 2013

Palandrin 2013

Fin juin, début juillet, quand nous discutions des vacances scolaires avec les collègues, parents d'élèves et bien d'autres personnes, la réaction était souvent unanime lorsque je leur disais que j'allais passer 3 semaines en juillet en centre de vacances: "Mais comment tu fais? Tu es fou? En tout cas, moi je ne pourrais pas! L'année scolaire a été suffisamment épuisante!". Sincèrement, je pense que toutes ces personnes avaient raison: enchaîner un centre de vacances après une année scolaire, passionnante il est vrai, mais réellement épuisante autant physiquement que nerveusement, il fallait être un peu fou... ou Mennaisien!!!
toute l'équipe d'animation 2013

C'est dans cet état d'esprit que je suis arrivé au Palandrin, un jour et demi après avoir fermé ma classe. Je savais que j'allais y retrouver tous les ingrédients de ce qui fait le bonheur de vivre dans ce lieu, mais chaque année étant un pari... Je ne savais pas comment la "mayonnaise prendrait"!

Le groupe d'enfants que nous avons eu, tout au long de se séjour a passé et nous a fait passé un merveilleux mois de juillet. La météo aidant, surtout la première semaine, le soleil rayonnait tout autant au dessus de nos têtes que dans les sourires des personnes que l'on croisait continuellement dans la colo. Je pense que ceux qui vivaient leur dernière colo ici, âge oblige, en garderont un excellent souvenir qui, sans effacer les séjours précédents, leur donnera l'impression d'avoir fini leurs 3, 4, 5 années en feu d'artifice!

Solidaires pour la journée à thème
Si les enfants garderont un si bon souvenir de cette année, c'est, une fois de plus, à l'équipe d'animation qu'ils le doivent... Il est incroyable de se dire qu'après plus d'une vingtaine de séjour de vacances, (17 au Palandrin si mon compte est juste) une équipe d'animation peut toujours nous épater!

Au delà de la fraîcheur qu'apporte toujours la jeunesse et la nouveauté, c'est la solidarité de l'équipe qui m'a marqué. Merci aux "anciens" pour leur attention communicative envers les autres qui a permis de vivre des animations où tout un chacun, les organisateurs comme les accompagnateurs de groupe se sentaient totalement investis au service des enfants. 
Les témoignages partagés, en fin de réunion lors du "Trait D'Union", version adaptée du "Temps Spi anim", montrent, dans leurs confidences et leurs richesses à la fois toute la qualité humaine du "vivre ensemble au Palandrin", et la confiance qui régnait dans l'équipe d'animation.
Merci donc à celles et ceux qui par leurs prises de paroles m'ont fait reprendre conscience de la chance que j'avais de pouvoir, chaque année, vivre un temps fort essentiel pour ma vie. 

Cette unité, cette solidarité vécue a pris tout son sens, pour l'un ou l'autre, dans la messe vécue ensemble au Palandrin... Histoire de nous rappeler qu' Il est toujours présent pour nous soutenir dans nos ouvrages et dans nos vies!

magnifiques polos jaunes pour construire ensembles



  "Parce que c’est quand même fort ce que nous vivons, assez riche en folie et en émotion pour tisser des liens uniques. Et dans l’année, reparler de la colo fait resurgir toute cette énergie positive."
Claire (3 ans d'animation au Palandrin)

lundi 4 mars 2013

Landevennec

Vue sur l'embouchure de l'Aulne
Nouvelle retraite spirituelle... Pause dans le rythme de la vie active de frère de Ploërmel!

Que garderai-je de ces 7 jours à Landevennec?

  • Tout d'abord, le bonheur de retrouver un lieu si important de mon cheminement personnel:

Août 1990: je posais mes valises pour un mois dans ce monastère au "bout du monde" (plus précisément au fond de la rade de Brest!). Ce mois d'été fut sans doute fondamental dans l'orientation de ma vie (au même titre que les 2 ans au Sénégal.) Temps d'expérience humaine et spirituelle au contact de personnes à la fois tout à fait ordinaires et rayonnantes d'une foi et d'une joie contagieuses!

23 ans plus tard, je me retrouve dans ces mêmes lieux... Seul le choeur  de l'église a changé, rénové il y a 3 ou 4 ans. Je retrouve des visages connus, rappelant de nombreux souvenirs! Les airs des psaumes, chantés par les moines, sont parfois différents et...déroutants. Cependant, l'église est restée un cadre de recueillement propice à la prière.
"Ce qui embellit le désert, c'est qu'il cache un puits quelque part"
 A. de St Exupéry

  • Je garderai aussi cette expérience, toujours renouvelée, de silence, de relecture, de regard sur soi, d'intériorité qu'est chaque retraite. 
C'est à chaque fois un temps de désert, lieu de l'épreuve et de la rencontre de son être le plus profond avec Dieu...

C'est aussi un temps de relecture de vie. Un moment pour présenter à Dieu toutes les personnes rencontrées, les évènements vécus qu'ils soient heureux ou douloureux!
  • Une retraite, c'est aussi un temps d'enseignement:
Avec la prédication de l'animateur de retraite bien entendu. Je garderai entre autre cet appel à vivre l'espérance au quotidien. Etre capable de garder la sérénité dans toutes les contradictions de la vie, fort de savoir en "qui nous avons mis notre confiance."

Mais aussi dans la lecture de table. Cette année, nous écoutions "L'espérance du cardinal" d'Olivier Le Gendre. Livre décapant, s'il en est, qui nous rappelle que seul un coeur de pauvre peut réellement avoir soif de Dieu!
  • Enfin, me reviennent ces petites surprises, comme celle de croiser, le dernier jour, un groupe d'amis guérandais venus se ressourcer le temps d'un week-end. Joie des retrouvailles!


Ancienne abbatiale

mardi 1 janvier 2013

Nouvel an...

Nous voici le 1er janvier 2013... Période de voeux, période d'espoir.

Il n'est pas évident de partager des voeux quand on vient de perdre une amie... Tout cela parait encore plus factuel que d'habitude... Pourtant, à la lumière de la célébration vécue hier pour l' à Dieu à Françoise, j'aimerais essayer de vous communiquer mes souhaits pour cet an nouveau.

Je vous souhaite de trouver des personnes lumineuses, comme le fut Françoise. Des personnes qui vous rendent meilleurs, dans la joie, comme dans les souffrances, dans les moments exceptionnels comme dans le quotidien.

Je vous souhaite, je nous souhaite, d'être nous aussi de ces personnes sources de paix, de joie, de confiance, d'espérance.

Que tout au long de cette année 2013, vous puissiez, chacun d'entre vous, voir ce qu'il y a de meilleur en l'homme. Qu'autour de vous, qu'en vous croisse le plus beau de l'humain.

" Que le Seigneur te bénisse et te garde! Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage, qu'il se tourne vers toi! Que le Seigneur tourne vers toi son visage, qu'il t'apporte la paix!" Ce texte, extrait du livre des Nombres, est lu à la célébration du 1er janvier. C'est tout ce que ke vous souhaite en ce jour et pour cette année.

samedi 29 décembre 2012

A Dieu, Françoise!

"Il pleure dans mon coeur comme il pleut sur la ville"...

Ces vers de Verlaine résonnent particulièrement dans mon âme aujourd'hui... Françoise, une amie, est partie... Après une longue maladie. Elle laisse un mari et deux filles.

Sans doute parce que nous avions le même âge, que nous appartenions à la même promotion de CFP; parce que nous avions travaillé ensemble à Guérande et que nous partagions la même foi en l'Homme et en Dieu je me sentais proche d'elle.

Je me souviendrai des discussions, pendant nos années de formations, de ses conseils et ses encouragements, de son rire et sa joie de vivre, de son franc-parlé mais aussi de ses fragilités...



Je me souviendrai des projets un peu fous de chorale à l'école St Aubin... Elle a partagé son goût du chant avec ses élèves, mais aussi ses collègues... Sans elle, je n'aurais sans doute jamais osé faire cette formation de maître de choeur et il n'y aurait pas eu, plus tard, de chorale à l'école St Jean- Ste Thérèse de Rennes, ni de chorale de papas!!!

Je me souviendrai du jour de son mariage... D'une ballade sur la plage avec toute sa famille. De ce bonheur de profiter de chaque moment que la vie lui offrait.


De ce triste jour d'aujourd'hui, je veux garder l'image de cet arc-en-ciel, aperçu alors que je pensais les vers de Verlaine...
Françoise, je le crois, est partie vers Dieu. Elle veille aujourd'hui sur sa famille, ses amis, ses collègues et ses anciens élèves...

lundi 5 novembre 2012

La lumière fatiguée



"Comment comprendre l'existence de l'Univers et de tout ce qu'il contient?
On peut toujours dire que les lois de la Nature expliquent tout...
Mais d'où viennent-elles ces lois, comme la gravitation universelle?
Sont-elles éternelles? Sont-elles sorties toutes seules du néant?

Sont-elles capables de s'inventer elle-mêmes?


Ce nouvel épisode permet au lecteur d'y voir un peu plus clair,
et de découvrir comment les progrès des sciences et la réflexion,
permettent de démasquer progressivement les fausses croyances
qui retardent l'exercice normal de la pensée.



Contre le créationnisme aveugle et certaines interprétations hâtives
du darwinisme, une autre voie se dessine, fondée sur nos connaissances du réel,
pour alimenter la réflexion de chacun, sur la grande question des origines."


Tout est dit dans la quatrième de couverture de ce volume 4 des "indices pensables" de Brunor.

Ce qui me parait intéressant dans la démarche de l'auteur, c'est cette volonté d'"alimenter une réflexion". L'argumentaire s'adresse à tous: de 15 à 95 ans, que l'on soit croyant, un peu, beaucoup, passionnément ou pas du tout.

J' ai apprécié cette volonté d'aller toujours plus loin dans la recherche et la réflexion, sans jamais occulter quelque question que ce soit...

J'apprécie aussi le côté "vulgarisation scientifique", même si le propos reste ardu... Heureusement, le graphisme et l'humour offre un peu de respiration à une réflexion très dense...

Bref une série à connaitre, qui donne envie d'aller plus loin, d'échanger, de comprendre...

dimanche 12 août 2012

Palandrin 2012

La traditionnelle photo de groupe à la fin du séjour...
Un nouveau séjour au Palandrin vient de s'achever...

Ce qui est extraordinaire, c'est que tout en ayant la même recette, quasiment les mêmes ingrédients  (météo, anims, enfants...) on obtient à chaque fois un séjour différent avec de nouvelles facettes de bonne humeur, de joie et de partage!

Le cru 2012 n'a pas dérogé à la règle... Qu'en retiendrai-je?

Une équipe d'animation toujours au taquet... Une grande présence aux enfants, au détriment parfois de leur propre vie d'équipe... Mais ne s'enrichit-on pas aussi à collaborer ensemble au service des enfants? Une fois de plus, chacune et chacun a su intégrer ses talents au service du séjour. Au résultat, on obtient un temps-fort de rêve pour bien des enfants et aussi pour des anims...

Des enfants "sages"... L'expression ne vient pas de moi mais d'un couple, voisins de plage occasionnels lors d'un bel après-midi: ils avaient appréhendé notre arrivée sur la plage... Après quelques heures de voisinage ils voulaient exprimer le "surprenant" plaisir qu'ils avaient eu à côtoyer notre groupe d'enfants quelques heures...

1,2,3 soleil géant à la fin de l'Esti'VAL Day
Je ne sais pas si le jugement de ces sympathiques personnes aurait tenu s'ils avaient vécu toute la colo avec ces "petits anges", mais il reste vrai que l'osmose s'est bien construite dans le groupe et avec les animateurs. Dans cette atmosphère, il devient plus facile de gérer les petits tracas du quotidien... 

Cette année nous innovions avec l'Esti'VAL Day: rencontre de deux séjours, celui d'Oxyjeune et le nôtre... Sacré défi, relevé avec brio par les deux équipes d'animation. Cette journée restera dans les mémoires comme un beau moment de vie de la famille Esti'VAL... Faire jouer ensemble des enfants et de jeunes de 7 à 15 ans était une véritable gageure! Après un début timide, la sauce a prise, et on a pu voir bien des situations de partages entre les plus grands et les plus jeunes...

J'ai aussi beaucoup aimé les temps de recueillement et de célébrations... Ceux vécus en groupe comme lors de la première célébration à la colo ou celle vécue à l'Eglise de Pénestin, mais aussi, les moments plus intimes: prière silencieuse au moment du nickel-chrome, temps, en fin de réunion, le soir, de partages et de témoignages de vie.
 On touche là, me semble-t-il, au secret de la réussite de nos séjours: bien plus qu'un lieu de vacances ou chacun agit avec rigueur pour faire vivre un bon séjour aux enfants, le Palandrin reste un lieu où toute la dimension de l'Homme est prise en compte et où le partage est vécu de multiples façons.

dimanche 1 janvier 2012

année nouvelle...

Une nouvelle année commence...

En cette période de voeux,c'est tout l'espoir qui est en nous qui s'exprime dans ces échanges tout à la fois formels et sincères...

Qu'est ce que ce "meilleur" que je pourrais vous souhaiter? A écouter la radio, regarder la télé, lire les journaux, je reste convaincu qu'il n'est pas dans ce "toujours plus de biens matériels" dont on nous matraque l'esprit à longueur de journée.
Il n'est pas, non plus, dans un "bonheur" aseptisé, loin des soucis du quotidien, cette utopie que l'on souhaite parfois mais dont le rêve reste stérile.

En tant que chrétien, et en tant qu'homme, je suis convaincu que le plus beau voeu que je peux faire pour vous c'est que vous puissiez vivre de ces évènements et de ces rencontres qui vous rendront plus humains.

 Je vous souhaite d'être entouré de personnes qui vous aiment et vous apprécient pour ce que vous êtes et non pour votre position sociale ou ce que vous faites.

 Je vous souhaite de vivre de ces rencontres où l'autre, différent de vous, vous enseigne, par sa simple présence, combien il vous reste à apprendre et à découvrir!

Je vous souhaite la grâce de l'émerveillement, celle de la compassion, toutes ces émotions humaines qui nous rappellent notre fragilité et qui nous invitent à plus d'unité et d'entraide.

Je vous souhaite, dans tous ces évènements, d'y découvrir les traces de celui vers qui nous tendons tous.

 Je souhaite à tous et à chacun de continuer à grandir en humanité tout au long de cette année 2012. 

samedi 31 décembre 2011

Bilan 2011

J'aime bien ces moments de fin et de redépart. Ils nous invitent à la relecture... Un petit coup d'oeil dans le rétro pour un petit bilan.

J'ai aimé,

  • La session de Noël, toujours vivifiante. Le plaisir de partager avec les frères des moments de convivialité, des moments de réflexion, des moments de prière...
  • La vie en communauté, fraternelle, pleine d'indulgence, de complicité, de soutien, d'attention mutuelle, de pardon...
  • La fin de ma première année à La Rose des Vents... Et le début de la seconde. Le maintien d'une atmosphère fraternelle, faite d'attention, d'écoute de l'autre.
  • La colo de cet été. L'équipe d'animation et celle de direction. Ce qui a été vécu et partagé avec les enfants et entre adultes.
  • Des romans, des essais,des BD, des albums de musique, des films... En tous genres... Parce qu'ils aidaient à réfléchir, parce qu'ils étaient drôles, détendants, émouvants...
  • Des rencontres, prévues ou imprévues: revoir des amis de Rennes et d'ailleurs... Les échanges à Bain...
  • Récolter les pommes de terre et les tomates dans le jardin!!!
  • Les signes d'amitié et d'affection dans les moments plus douloureux de la vie.
Voilà mon bilan d'année.

Merci Seigneur d'avoir été présent à chaque instant de ma vie! Apprends moi à toujours la regarder telle que tu la vois. Que cette année 2012 qui va commencer soit riche de ta présence, de ton regard d'amour, et de tout le bien que tu nous inspireras de faire et de vivre!

lundi 8 août 2011

Palandrin, lieu de la rencontre et de la joie

Quelques jours après la fin de la colo, il est temps de donner un petit coup d'oeil dans le rétro!

Que retiendrai-je de cette nouvelle aventure au Palandrin? 

Beaucoup de souvenirs, comme chaque année... De nouveaux collaborateurs, de nouvelles rencontres... A voir les sourires des enfants et des animateurs en fin de séjour, à voir les larmes partagées au moment de se quitter, le constat semble évident: une fois de plus le Palandrin fut un lieu riche en relations humaines et en temps forts!

Quelques 19 ans après ma première colo comme anim, beaucoup de choses ont changé quant au fonctionnement. Mais l'esprit reste la même... A croire que la tradition se transmet, sans bruit, dans ce qu'elle a de plus riche tout en laissant la porte ouverte au meilleur de chaque époque!

Dans un long échange avec Magali et Serge, les deux conteurs marseillais d'Apple Paille, ils témoignaient de leur plaisir toujours renouveler de vivre chaque été une ou deux soirées à la colo. Ce qu'ils soulignent, avec leur regard tout à la fois extérieur et professionnel (ils sont tous les deux instits!!!), c'est la cohésion du groupe d'enfants malgré sa diversité en âge (de 7 à 12 ans!), la présence active des anims au milieu des enfants... Ce qu'ils nomment "valeurs des colos traditionnelles" et qu'ils ont parfois bien du mal a retrouver sur d'autres lieux de séjour de vacances!

C'est la même impression que je ressens à la fin de ce séjour: la cohésion d'une équipe d'animation, jeune et dynamique, malgré la diversité des caractères et des parcours; la joie d'être ensemble des enfants. 

Des enfants "normaux", a priori ni plus ni moins sages que ceux de nos écoles mais qui, dans cette grande respiration que représente la colo dans leur année, ont su partager ce qu'ils étaient, dans leurs fragilités, parfois, mais aussi dans le meilleur d'eux-même!

le 15/17: l'aventure avec un grand H !

Quand on s'intéresse au cyclisme, il y a des noms mythiques: le Mont Ventoux, l'Alpe d' Huez et, plus proche du séjour que je ...